Le Monde
flottant.
« Ukiyo », le monde flottant : à l'origine un terme bouddhiste pour la vanité des choses, retourné par l'Edo des marchands en éloge de l'instant, du plaisir, du présent qui passe. L'estampe en est l'art démocratique, tirée à des milliers d'exemplaires, vendue le prix d'un bol de nouilles.
Cette exposition réunit trois manières d'habiter ce monde. Hokusai cherche la structure du visible, la vague comme une montagne, le Fuji comme un point fixe. Hiroshige en saisit l'atmosphère, la pluie, la neige, la brume du soir. Utamaro en sonde les visages, et fait du portrait féminin un paysage intérieur.
Sept feuilles, beaucoup d'espace. L'accrochage suit le ma, l'intervalle, ce vide actif qui sépare et relie. On y voit comment le bleu de Prusse, importé d'Occident vers 1830, a d'abord refroidi puis électrisé la palette de l'estampe tardive.
On vient ici pour regarder lentement. Le monde flotte, mais il faut s'arrêter pour le voir.
Œuvres exposées
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Katsushika HokusaiLa Grande Vague de Kanagawa, vers 1831Estampe sur bois (nishiki-e) -
Katsushika HokusaiFuji par temps clair, vers 1831Estampe sur bois (nishiki-e) -
Katsushika HokusaiKajikazawa, province de Kai, vers 1830Estampe sur bois (nishiki-e) -
Utagawa HiroshigeAverse soudaine sur le pont d'Atake, 1857Estampe sur bois (nishiki-e) -
Utagawa HiroshigeLe Jardin de pruniers de Kameido, 1857Estampe sur bois (nishiki-e) -
Utagawa HiroshigeShōno, l'averse blanche, vers 1833Estampe sur bois (nishiki-e) -
Kitagawa UtamaroTrois beautés de notre temps, vers 1793Estampe sur bois (nishiki-e)
Reproductions du domaine public, via Wikimedia Commons (MET, MFA Boston, Chester Beatty, Rijksmuseum).